Bienvenue sur le blog d'Abs-Exo

Exosquelette pour chaque métier
Les exosquelettes, alliés des métiers physiques : une révolution ergonomique en marche
En 2025, les exosquelettes ne sont plus des gadgets de science-fiction, mais des outils concrets déployés dans une multitude de secteurs professionnels. Conçus pour soutenir le corps humain, réduire la fatigue et prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS), ces dispositifs — mécaniques ou motorisés — transforment la manière dont les travailleurs exercent leurs métiers. De la santé à la construction, en passant par l’industrie et l’agriculture, leur adoption s’accélère, portée par une prise de conscience collective sur la pénibilité du travail et la nécessité de préserver la santé des salariés.
---
1. Santé et soins : alléger la charge physique des professionnels
Dans les hôpitaux, les cliniques et les maisons de retraite, les personnels soignants — infirmiers, aides-soignants, kinésithérapeutes — sont soumis à des postures contraignantes, des mouvements répétitifs et des manutentions lourdes. Les exosquelettes mécaniques, comme ceux proposés par HAPO ou développés par l’IRCAD, permettent de réduire la pression sur le dos, les épaules et les genoux lors du transfert de patients ou de la réalisation d’actes médicaux prolongés.
Par exemple, les chirurgiens, souvent penchés pendant des heures, bénéficient désormais d’exosquelettes conçus pour stabiliser leur posture et limiter les douleurs lombaires. Ces dispositifs ne remplacent pas les robots chirurgicaux, mais les complètent en améliorant le confort physique du praticien. Dans le domaine de la rééducation, des exosquelettes motorisés — comme ceux de Wandercraft — aident les patients à retrouver une mobilité fonctionnelle, tout en servant d’outil d’entraînement pour les thérapeutes.
Les TMS sont particulièrement fréquents dans ce secteur, et l’usage d’exosquelettes s’inscrit dans une stratégie globale de prévention, de maintien dans l’emploi des seniors, et de réinsertion professionnelle.
---
2. BTP et construction : sécuriser les chantiers et réduire la pénibilité
Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) est l’un des plus grands bénéficiaires de la technologie des exosquelettes. Les métiers de maçon, plâtrier, peintre, carreleur ou encore couvreur impliquent des postures statiques, des efforts répétés et des manutentions fréquentes. Les exosquelettes mécaniques, comme ceux de la gamme HAPO, sont spécifiquement conçus pour ces métiers.
L’exosquelette “Exo-01” développé par Hilti, par exemple, est destiné aux travailleurs qui doivent effectuer des tâches les bras en hauteur — comme le montage de cloisons ou la pose de plafonds. Il réduit la fatigue des épaules et du dos, tout en permettant une meilleure précision des gestes. Selon Leonard, la prospective de VINCI, ces dispositifs promettent des chantiers plus sécurisés, plus productifs et moins pénibles.
Les exosquelettes ne remplacent pas les équipements de protection individuelle (EPI), mais les complètent en agissant directement sur la source du risque : la posture et l’effort physique. Leur utilisation ponctuelle — par exemple, lors d’une tâche particulièrement exigeante — est souvent suffisante pour réduire significativement les risques de lésions.
---
3. Industrie et logistique : augmenter la productivité tout en protégeant les ouvriers
Dans les usines et les entrepôts, les exosquelettes sont devenus des alliés pour les opérateurs qui effectuent des tâches répétitives, comme l’assemblage, la manutention ou le conditionnement. Les modèles actifs, comme le Japet W+ de HMT (Japon), sont motorisés et conçus pour soulager le bas du dos, une zone particulièrement exposée aux TMS.
Ces dispositifs permettent non seulement de réduire la fatigue physique, mais aussi d’améliorer la productivité. Un ouvrier moins fatigué commet moins d’erreurs, travaille plus longtemps sans perte de performance, et présente un taux d’absentéisme réduit. Pour les entreprises, c’est un investissement rentable : un exosquelette mécanique coûte moins de 3 000 euros, et le marché mondial devrait atteindre 3,3 milliards de dollars d’ici 2025.
Dans la logistique, les exosquelettes sont particulièrement utiles pour les opérateurs qui doivent soulever des charges lourdes ou travailler en position penchée. Ils permettent de maintenir une posture neutre, de réduire les micro-traumatismes et d’augmenter la durée de vie professionnelle des salariés.
---
4. Agriculture et horticulture : soutenir les travailleurs de la terre
L’agriculture, souvent oubliée dans les débats sur les exosquelettes, est pourtant un secteur où ces dispositifs trouvent des applications pertinentes. Les travailleurs agricoles, notamment dans les serres ou les vergers, passent des heures penchés, sarclant, binant, ou soulevant des cageots de fruits et légumes.
L’exosquelette “MuscleSuit” est spécialement conçu pour ces tâches : il soutient le buste lorsqu’il est penché en avant, réduisant la pression sur le dos et les lombaires. L’exosquelette polyvalent BISKO® va plus loin en offrant une assistance pour la manutention, permettant de soulever des charges sans effort excessif.
Dans l’horticulture, des prototypes comme “Hortum Machina B” — bien que non destinés aux humains — montrent l’ouverture de la recherche vers des applications innovantes, où les exosquelettes pourraient un jour interagir avec les plantes elles-mêmes.
5. Défense et sécurité : augmenter les capacités physiques des opérateurs
Dans le secteur de la défense, les exosquelettes ont une vocation différente : augmenter les capacités physiques des soldats. Ils permettent de porter des charges lourdes — jusqu’à 90 kg de matériel — sans fatigue excessive, de marcher plus longtemps, ou de franchir des obstacles plus facilement. Ces dispositifs sont encore en phase de développement, mais ils pourraient révolutionner les opérations militaires en augmentant la mobilité et la résistance des troupes.
Dans le domaine de la sécurité, les exosquelettes pourraient également être utilisés par les pompiers ou les secouristes, pour transporter des victimes ou des équipements dans des environnements difficiles.
6. Vers une adoption massive : défis et perspectives
Malgré leurs nombreux avantages, les exosquelettes ne sont pas encore omniprésents. Leur déploiement reste souvent limité à des prototypes ou à des expérimentations en entreprise. Les principaux freins sont le coût (bien que les modèles mécaniques soient de plus en plus accessibles), la formation nécessaire à leur utilisation, et la nécessité d’adapter chaque dispositif au métier spécifique.
Les normes de sécurité et les protocoles d’évaluation de l’interaction homme-machine sont encore en cours de développement, notamment par l’AFNOR. Il est essentiel que chaque exosquelette soit testé dans son environnement de travail réel, afin d’assurer son efficacité et sa sécurité.
Les fabricants — comme HAPO, Hilti, ou les start-ups françaises comme Wandercraft — travaillent à rendre ces dispositifs plus légers, plus ergonomiques, et plus faciles à intégrer dans les processus de travail existants.
---
Conclusion : un avenir plus humain, grâce à la technologie
Les exosquelettes ne sont pas là pour remplacer l’humain, mais pour le soutenir. Ils permettent de préserver la santé des travailleurs, de prolonger leur carrière, et d’améliorer la qualité de leur travail. Dans un contexte où la pénibilité professionnelle est de plus en plus dénoncée, et où les entreprises cherchent à retenir leurs talents, ces dispositifs représentent une solution concrète et innovante.
Que ce soit dans les hôpitaux, sur les chantiers, dans les usines ou dans les champs, les exosquelettes sont en train de redéfinir les conditions de travail. En 2025, ils ne sont plus une promesse, mais une réalité — et leur adoption va s’accélérer dans les années à venir. Car au fond, ce n’est pas la machine qui gagne, mais l’humain, libéré de la douleur et de la fatigue, pour mieux exercer son métier.
Sources : IRCAD, Würth, INRS, Hapo, AFNOR, Exofair, Robots & Compagnie, Exosquelette.fr*
